Retour sur la Race Across Portugal avec Pauline Gaidet

La saison démarre fort pour Pauline Gaidet, athlète ultra-distance Origine. Sur la Race Across Portugal 1000 km Pauline s’impose comme première femme et décroche une impressionnante 15ᵉ place au classement général, bouclant les 1000 kilomètres en 55 heures, 20 minutes et 55 secondes.
Gestion de l’effort, stratégie de course, résistance à la fatigue… elle a su maîtriser tous les paramètres d’une épreuve d’ultra-distance.
Nous l’avons questionné pour revenir sur cette performance marquante, plonger dans les coulisses de sa préparation et évoquer la suite de sa saison.

Pauline Gaidet vainqueur de la Race Across Portugal

Comment as-tu préparé cette Race Across Portugal 1000 km en amont ? As-tu suivi une préparation spécifique pour cette épreuve (volume, intensité, reconnaissance, matériel) ?

La Race Across Portugal arrivant assez tôt dans la saison, j’ai adapté ma planification en conséquence. J’ai décalé ma coupure annuelle afin de reprendre progressivement le vélo à la mi-octobre.

En novembre, j’ai effectué un stage en altitude en France, avec un mélange de ski-alpinisme et de home trainer. Cela m’a permis de travailler autrement la base aérobie en hypoxie et de poser une première fondation physiologique solide. J’ai aussi retrouvé le rythme biquotidien avec mes coéquipiers, ce qui me fait beaucoup de bien mentalement.

En décembre, je suis partie en Espagne pour trois mois d’entraînement. J’y ai découvert quelque chose que je n’avais jamais exploré auparavant: le travail sur le plat. Le climat était très doux et je n’ai jamais fait autant de volume de ma vie.

Côté matériel, l’hiver en Espagne m’a permis de le tester dans quasiment toutes les configurations possibles. J’ai notamment réalisé des doubles sorties longues, comme deux fois 250 km, pour valider les points de contact et affiner les réglages.

C’était une période très marquante: J’ai réalisé que ces blocs étaient plus accessibles que prévu et cela m’a amenée à revoir ma perception de l’effort. Ma lecture de l’intensité a changé depuis.

Début mars, je suis arrivée à Porto avec l’objectif de reconnaître le parcours et de finaliser ma préparation. Mais j’ai fait une chute et j’ai cassé mon cadre dès mon arrivée. J’ai donc dû adapter l’affutage: les trois dernières semaines se sont faites principalement sur home trainer, complétées par du heat training.

Avec le recul, cette période a été très positive. J’étais proche de mon pic de forme, avec des séances de qualité sur home trainer, et le fait d’être au niveau de la mer m’a bien convenu. Je suis arrivée prête, physiquement et mentalement.

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Pauline Gaidet à l'entrainement

Dans quel état d’esprit étais-tu au moment de prendre le départ ?

J’arrivais sur la Race Across Portugal confiante sur ma forme et sur mon matériel grâce à un hiver sur la route. L’objectif était de ne rien découvrir le jour J.

Ironiquement, malgré toute cette préparation, j’ai finalement pris le départ avec un cadre neuf, remplacé la veille de la course. J’ai aussi reçu mes lumières dix heures avant le départ.

C’était une situation atypique et dans ce contexte j’avais surtout le sentiment d’avoir fait tout ce que je pouvais en amont. Il restait ensuite à faire confiance.

Dans les dernières minutes avant le départ, j’ai vécu un gros pic de stress, mais pas lié à la course en elle-même : j’ai perdu mes clés de voiture, avec mon vélo à l’intérieur. Je n’avais jamais vécu une situation comme celle-ci. Il a fallu gérer ça dans l’urgence juste avant de m’élancer.

Je suis donc partie en dernière position, avec une tension encore présente.

Peux-tu nous raconter les grandes étapes de ta course ?

La course était structurée en trois boucles au départ d’Amarante, avec des profils très différents.

La première boucle faisait environ 500 km et 5000 m de dénivelé. Après avoir rejoint Porto par des routes vallonnées, elle se poursuivait par une longue portion roulante le long de la côte Atlantique, avant de redevenir plus exigeante sur le retour. On y trouvait également des secteurs pavés assez techniques, notamment au lever du jour.

La deuxième boucle faisait environ 200 km pour 4000 m de dénivelé. C’était une portion plus montagneuse et plus sauvage, avec un rythme complètement différent.

Enfin, la troisième boucle faisait environ 300 km avec 3000 m de dénivelé. Plus roulante, elle comportait toutefois des passages techniques et des secteurs urbains, où la gestion du timing et du trafic devenait importante.

Chaque boucle demandait une approche différente.

Quels ont été les moments clés ou les passages les plus difficiles ?

Le premier moment clé a été le départ. Je suis partie en dernière position, avec une première nuit très intense. Remonter une grande partie des coureurs a donné beaucoup d’intensité au début de ma course.

Au petit matin, sur la côte Atlantique, les conditions sont devenues plus difficiles avec une longue section de vent de face. L’objectif était alors de rester patiente et de ne pas surconsommer d’énergie. Assez tôt, j’ai choisi de faire une micro-sieste afin de découper l’effort et d’éviter de m’épuiser trop vite.

La fin de la première boucle a marqué un tournant avec l’apparition d’une douleur à l’épaule. J’ai dû adapter ma stratégie et m’arrêter longuement à la base de vie pour gérer l’inflammation.

Le moment le plus difficile reste la deuxième nuit. J’avais sous-estimé mon besoin de sommeil et j’ai dû m’arrêter plusieurs fois pour des micro-siestes sur le bord de route. S’enrouler dans une couverture de survie n’est pas optimal en course, mais cela fait partie de l’apprentissage.

La troisième boucle a été plus positive. Je me suis sentie plus stable, plus efficace, et j’ai pu maintenir un bon rythme jusqu’à l’arrivée.

Vélo origine de Pauline Gaidet avec les sacoches Cyclite

Y a-t-il un moment marquant ou inattendu que tu retiens particulièrement ?

Le principal imprévu a été l’écart entre mes prévisions et la réalité de course. Je ne m’attendais pas à ce que la première boucle soit aussi longue, ce qui m’a obligée à revoir complètement ma gestion de la fatigue.

La gestion du sommeil et de l’inconfort n’a pas été linéaire et a nécessité des ajustements permanents. J’ai notamment dû m’arrêter longtemps après 500 km à cause de la douleur à l’épaule.

À l’inverse, certains éléments inattendus ont été positifs comme la capacité de maintien de la position aéro sur de longues portions roulantes.

Tu roules sur un Origine Axxome : pourquoi ce choix pour l’ultra-distance ? Après 1000 km, quel est ton retour global sur le vélo ?

Origine est une marque déjà bien implantée dans le monde de l’ultra, ce qui inspire confiance. Le fait que ce soit une marque française facilite aussi les échanges qui sont simples et réactifs.

L’Axxome correspond parfaitement à ma pratique. J’ai besoin d’un vélo confortable sur la durée, sans compromis sur la performance. Il me permet aussi bien de faire du volume que des séances de qualité.

Je roule avec au quotidien et je m’y sens très bien, que ce soit en position aérodynamique sur les prolongateurs pendant de longues heures ou en montagne.

Après 1000 km de course, je suis en totale confiance avec ce vélo pour la suite de la saison.

Pauline Gaidet et son Axxome Origine

Quels sont tes prochains objectifs ?

Mon prochain objectif est la Race Across France en juin 2026. J’ai repris le vélo il y a une semaine et je suis actuellement sur les routes pour reconnaître certaines portions clés du parcours avec 2500 km et 28 000 m de dénivelé.

Les sensations sont bonnes pour le moment et je suis contente de retrouver du rythme rapidement après la Race Across Portugal. J’ai surtout hâte de basculer sur ce nouvel objectif, qui représente un véritable monument de l’ultra-cyclisme.

Récit par : PAULINE GAIDET 

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